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Frère Alexis (Didier Noël)


Les chemins de saint Benoît-Joseph Labre (Chronologie)


1780-1783


Année 1780

? Mars 1780 — 9ème pèlerinage à Lorette. (Pâques, le 26 mars 1780). Commission remplie (23 mars 1780) au monastère de Sainte-Claire, à Montelupone.

    Benoît-Joseph accepte le logement nocturne chez les époux Sori.

Mardi 26 mai 1780 — Départ de Lorette, après vingt-deux jours d'hospitalité, le lundi après la Trinité.

Jeudi 18 juin 1780 — 9ème retour à Rome ; entrée à l'hospice.


Année 1781

? Avril 1781 — 10ème pèlerinage à Lorette (Pâques 15 avril); l'arrivée a lieu seulement le 22 avril 1781 ; logement chez les mêmes habitants durant seize jours.

8 mai 1781 — Départ de Lorette et 10ème retour à Rome.

    Souvenirs du séjour dans l'hospice évangélique.
    Rencontre où il fait connaissance avec la famille Zaccarelli et commencement de liaison avec le chef de cette maison.

31 août 1781 — Offre refusée par Benoît-Joseph, d'une subvention mensuelle qui lui est offerte de la part de Mgr Jules-Marie de la Somaglia.

    Le 31 août de cette même année 1781, fête de saint Raimond Nonnat, l'exposition des quarante heures avait lieu à Sainte-Marie de Monteroni. Mgr Jules-Marie de la Somaglia, alors secrétaire de la Congrégation des Rites, et plus tard cardinal, faisait selon sa coutume sa visite au Saint-Sacrement dans une tribune. Pendant sa prière, le doyen de ses serviteurs, Nicolas Poggi, attendait ses ordres dans une tribune voisine. Il l'appelle et lui dit: « Regardez du côté de la chapelle de Saint-Raimond, et considérez attentivement ce pauvre qui est en adoration : le connaissez-vous ? » Le serviteur regarde et il lui vint en pensée que ce doit être quelque tricheur qui fait l’hypocrite, pour voler, comme cela était arrivé dans cette même église quelque temps auparavant. Le Maître, qui en jugeait tout autrement, parce qu'il avait vu et examiné attentivement ce même individu dès l'année précédente, « Ce n'est pas la première fois que je le vois à cette place et à cette heure, et je désire savoir qui il est. Puisque vous ne le connaissez pas, allez vous en informer. Puis vous lui donnerez quinze ou vingt bayoques d'aumône, et lui demanderez en outre s'il a besoin d'un subside mensuel que je suis disposé à lui assigner. » Le serviteur, pour exécuter ces ordres, se rend à la porte de l'église, et questionne les pauvres habitués à suivre les quarante heures: « Quel est ce pauvre placé à la chapelle de Saint-Raimond ? » « Oh! Je le connais », dit l'un, après l'avoir regardé. «C’est un Français ». « C'est une bonne âme », dit un autre. « C'est un morceau de gros calibre », dit un troisième ; « il passe ses soirées là où se fait l’exposition, et les matinées, il se tient à la Madone-des-Monts. » « C'est un rude chrétien », ajoute un quatrième; « il dort sous une arche du Colysée ». « Non », reprit un autre. « Depuis quelque temps, il est admis dans l'hospice Mancini, à Saint-Martin aux Monts. » Ce rapport étant fait au prélat, celui-ci ordonne à son serviteur d'attendre Benoît-Joseph au dehors, et de l'interroger d'une manière plus précise. Nicolas obéit et le suit à sa sortie de l'église; il l'appelle, mais inutilement; il allonge le pas et le touche à l'épaule. « J'ai », lui dit-il, « une aumône à vous donner ». « A moi »? « Oui, à vous. » Et Nicolas Poggi lui glisse un papette (vingt bayoques) dans la main. Benoît-Joseph ne regarde pas ce qu'on lui donne, fait une inclination de tête et continue son chemin. « Une personne riche », ajouta Nicolas, « se propose de vous assigner un secours mensuel. » « Je vous remercie ; je n'en ai pas besoin. »

? Décembre 1781 — 1ère irradiation.

    Un soir, à Notre-Dame des Monts, une demoiselle répondant au nom de Marie Poéti vint entendre la messe, elle aperçut Benoît-Joseph qui s’y trouvait déjà occupant sa place habituelle. Peu après elle vit sa figure irradiée d’une clarté extraordinaire, elle le regarda et toujours elle voyait cette clarté dont il était illuminé, plongé dans un état de contemplation profonde, légèrement surélevé au-dessus du sol. Marie Poéti fut la seule personne à avoir été témoin de la première irradiation de Benoît-Joseph.

Année 1782

27 février 1782 — Visite à un malade le jour du départ du Pape pour Vienne.

6 mars 1782 — Départ de Rome, passage et court séjour à Tolentino, au commencement de la Semaine Sainte.

28 mars 1782 (Jeudi saint) — Arrivée à Lorette pour le onzième et dernier pèlerinage et descente directe chez les Sori. (Pour son dernier séjour à Lorette, il prédit à ses amis son prochain départ pour le ciel.)

Jeudi 4 avril 1782 — Annonce prophétique d'une mort prochaine plusieurs fois répétée. Départ le huitième jour après l'arrivée.

    Tout le monde avait remarqué cette année-là que Benoît-Joseph était plus pensif, comme s'il avait dans l'esprit quelque grave préoccupation qui lui souriait. Le soir du mercredi après Pâques, il annonça son dessein de partir le lendemain ; et comme il n'y avait pas encore huit jours écoulés depuis son arrivée, Barbe Sori, mécontente d'un si prompt départ, fit ses efforts pour l'engager à rester au moins jusqu'après Quasimodo. Mais il répondit: « C'est assez de huit jours pour cette fois » et comme elle insistait: « Vous ne savez pas, j'ai besoin de partir; il faut que je m'en aille. » « Mais au moins ne manquez pas de venir l'année prochaine. » Et lui, en souriant lui répondit : « Si je ne reviens pas, nous nous verrons en Paradis. »
    Le lendemain, Gaudence Sori, lui ayant fait la même recommandation, il lui fit la même réponse : « Si je ne reviens pas, nous nous verrons en Paradis ». L'honnête marchand, lui ayant demandé s'il avait besoin de quelque chose, il dit qu'on lui ferait bien plaisir de lui donner un crucifix, parce que celui qu'il portait sur sa poitrine et sous ses habits s'était brisé. Gaudence lui en donna un sur-le-champ un modèle en laiton avec tête de mort du même métal sur croix de bois noir, et sa reconnaissance s'exprima contre sa coutume en paroles très affectueuses.
    Ce même matin du jeudi 4 avril 1782, l'abbé Verdelli, le voyant à l'église et sachant son prochain départ, lui présenta quelques petits sachets de poussière de la sainte Case, un morceau bénit du voile de la Madone et un peu de cire provenant des cierges allumés devant elle; en lui souhaitant un bon voyage, il lui dit: « Au revoir, à l'année prochaine ! — Je ne le crois pas, répondit-il. — Comment, vous ne reviendrez pas ! Est-ce que nous ne vous reverrons plus ? « Si Dieu le veut, nous nous reverrons en Paradis. » Après avoir passé toute sa matinée à l'église, Benoît revint vers midi renouveler ses remerciements à ses hôtes, et voulut partir comme les autres années sans manger et avec une pagnotta (Sorte de petit pain italien) pour tout viatique. Il était accompagné de M. l’Abbé Valéri, qui avait aussi tenté de le retenir; mais il lui montra la lettre qu'il devait remettre à une religieuse de Montecchio, et qu'il n'avait pu porter en venant, à cause de sa mésaventure; il craignait de désobliger son bienfaiteur, en tardant trop de la consigner à son adresse. « Viendrez-vous l’année prochaine ? » Lui demande l'abbé Valéri. « Il sera difficile, lui répond Benoît comme aux autres ; mais si je ne reviens pas, nous nous reverrons en Paradis. » L'ecclésiastique, pas plus que son confrère, ni la famille Sori, ne prirent ces paroles pour une prédiction. Benoît-Joseph quitta Lorette pour la dernière fois.

Vendredi 5 avril 1782 —Passage par Macerata; commission remplie au couvent de Montecchio.

    Il partit donc par la grande route de Macerata, dont n'est pas éloigné Montecchio. Quand il se présenta au monastère de Sainte-Claire, pour remettre la lettre dont l’abbé Mancini l'avait chargé, la scène était préparée et les rôles distribués. On parut le recevoir avec la plus grande indifférence. La religieuse, à qui la lettre était adressée, l'invite à attendre la réponse qu'elle doit y faire, et y met assez de lenteur pour donner le temps de jouer la pieuse comédie. Cependant on lui apporta à manger au parloir, mais des choses communes et sans empressement, quoique avec abondance, et dans cet intervalle chaque religieuse vient tour à tour à la grille, comme pour lui demander des nouvelles de l’abbé Mancini, même celles qui ne le connaissaient nullement, et toutes eurent ainsi le moyen de le voir et d'échanger quelques paroles, sans éveiller ses susceptibilités. Lorsqu'elles eurent satisfait leur dévote curiosité, on lui remit la réponse, et on lui offrit des provisions sur le ton d'une charité compatissante, et à laquelle on s'efforçait de donner une apparence de dédain. Mais il les refusa, sous prétexte qu'elles le chargeraient trop. La réponse dont il fut porteur, rendait compte à l'abbé Mancini de l'impression qu'avait fait la contenance de ce vénérable pèlerin, et du peu de paroles qu'il avait prononcées. On lui disait de quelle manière avait eu lieu la réception, pour se conformera la recommandation faite par lui, et enfin on le remercia vivement du grand plaisir qu'il avait procuré à la communauté. Quelque temps après, l'abbé Mancini reçut une nouvelle lettre de ces mêmes clarisses, où elles lui annonçaient avoir fait une communion pour le saint Pauvre, afin qu'il en fit une à leur intention, et elles le priaient d'intervenir pour leur obtenir cette faveur. Il leur répondit qu'il s'en chargeait, mais non pas sans quelque regret, parce qu'il était presque sûr que cette demande effaroucherait l'humilité de Benoît. Afin d'y mettre moins d'apprêt et de ne point lui donner à connaître de qui venait la demande, il attendit jusqu'au dernier jour de l'année, où il avait coutume d'aller à l'hospice chanter le Te Deum avec ses pauvres. Alors, il le prit en particulier et lui fit la proposition de la part de religieuses qu'il ne désignait pas. Le Serviteur de Dieu parut surpris et répondit que ses communions ne pouvaient pas leur servir; et Mancini ayant répliqué que nos suffrages peuvent être utiles aux vivants comme aux morts, il repartit franchement: « Je ne veux pas m'embarrasser avec les religieuses. » Mancini leur écrivit ensuite que sa démarche avait eu l'issue qu'il prévoyait, parce que Benoît-Joseph avait eu, malgré ses précautions, l'éveil sur le motif de la demande, qui ne s'accordait point avec son désir d'être réputé vil et abject. Il leur ajoutait que, toutefois, leur intention n'était pas frustrée devant Dieu, puisque, ayant voulu lui attirer de nouvelles grâces, elles avaient nécessairement part à ses nombreuses prières pour quiconque lui faisait du bien.
    (Montecchio est une commune de la province de Terni dans la région d’Ombrie en Italie.)

? Avril 1782 — 11ème dernier retour à Rome.

1er juin 1782 — Evanouissement à Saint Théodore.

    Le 1er juin de cette année 1782, la fête du Sacré-Cœur de Jésus était célébrée dans l'église de Saint-Théodore, par la pieuse confrérie de pénitents à qui elle appartient, et qui prend sa dénomination de ce saint Cœur. Benoît ne pouvait manquer d'assister à une solennité qui s'alliait si bien avec la tendresse de son amour pour le Sauveur. Il était là en effet de bonne heure dans sa posture favorite, contemplant le très saint Cœur de Jésus, dont les flammes étaient vivement représentées sur le tableau de l'autel. Mais déjà ses forces déclinaient sensiblement, et ne purent résister aux émotions excitées par la considération de cette fournaise d'amour. Tout à coup une syncope lui survient au milieu de l'office, et il tombe presque inanimé sur le pavé. On s'empresse de le relever, on suppose que sa chute est un effet d'inanition. De charitables assistants s'offrent à lui procurer quelque aliment pour le soutenir. Mais bientôt il recouvre ses sens, remercie de ces bons procédés, et sans vouloir rien de ce qui lui est offert, il se rapproche du balustre pour s’appuyer, et reprend son oraison comme auparavant jusqu'à la fin de la cérémonie.

? Juin 1782 — Choix de l'abbé Marconi pour directeur et confesseur. Pénétration de la pensée du confesseur à deux reprises.

? Juillet et août 1782 — Les trois Pâques.

    La fin du mois d’août s'avançait. Un soir donc, le Père Moschini se transporte à l'hospice et trouve les pauvres réunis à la porte, en attendant qu'on la leur ouvre, « Où est Benoît Labre? » demanda-t-il. On le lui montre retiré vers le portail d'un hôtel voisin, tenant en main et récitant le rosaire. Cherchant à le mettre à l’épreuve, il s'approcha de lui, et lui dit; « Avez-vous fait vos pâques, Benoît-Joseph? » A cette demande un peu brusque et surtout si tardive, celui-ci éprouve d'abord quelque embarras, et ne répond pas. « Etes-vous muet? » lui dit le religieux; pas de réponse. « Peut-être les avez-vous faites à Lorette ? » « Oui, mon révérend Père. » « Où est l'attestation ? » « Je l'ai perdue. » « Je vous crois; mais comme chargé du soin de la paroisse, je désire que vous les renouveliez ici pour l'édification des fidèles. » « Bien, bien, Père » répondit Benoît-Joseph; et dès le lendemain, il va se consulter avec son nouveau directeur Marconi, qui le rassure par rapport au cas de conscience, mais lui conseille, pour la satisfaction du curé, de prendre un billet de communion à Saint-Jean de Latran. A quelques jours de là, le Serviteur de Dieu vient trouver le curé à l'église paroissiale et lui exhibe son billet de communion. « Cela ne me suffit pas, dit le prêtre en ayant l'air de se fâcher, j'exige que vous fassiez votre communion dans mon église; et puisque vous êtes si récalcitrant, vous aurez soin de m'avertir du jour où vous viendrez la faire, parce que je veux en être moi-même témoin. » « Bien, bien, dit Benoît ; vous plaît-il que je vienne le jour de Notre-Dame de Septembre ? » « Venez plutôt la veille. » Dans l'intervalle, le Directeur est de nouveau consulté, et conseille de se conformer à cette volonté, par respect pour l'autorité pastorale. Arrive la fête de la Nativité. Dès la veille, le Père Moschini voit venir son paroissien, qui lui dit être prêt à communier. Mais obligé de sortir, il charge les clercs d'avoir l'œil sur ce pauvre pour le voir à la sainte table. Assuré ensuite du fait par leur témoignage, il rendit grâces à Dieu de ce qu'une si belle vertu n'était point ternie par la tache qu'on avait appréhendée, et raconta ensuite avec admiration, au curé de Saint-Sauveur aux Monts, cet événement où il ne savait distinguer ce qui brillait le plus, de la patience, de l'humilité ou de la subordination.

? Octobre 1782 — Eglise des Capucins avec Zitli (3).

    Dans le mois d'octobre, Zitli, se trouvant à l'église des Capucins, fut pris tout à coup d'une douleur de tête extraordinaire, et en même temps il se sentit envahi par un froid glacial, précurseur d'un accès de fièvre, assez dangereux à l'âge de quatre-vingt-douze ans. Il fut donc forcé de se retirer pour gagner son logement. Au sortir de l'église, il se trouve en face de Benoît, lui explique son mal et se recommande à ses prières. Le modeste Serviteur de Dieu lui répond avec une assurance singulière, malgré le tremblement très sensible du frisson : « N'ayez pas peur; ce n'est rien. » Arrivé à sa chambre, le vieillard se jette sur son lit, n'ayant pas le courage de se déshabiller ; mais, peu d'instants après, la migraine se dissipe tout d'un coup, le froid de la fièvre cesse, et tout rentre dans l'état normal, comme par enchantement, de sorte qu'il se sent en état de sortir de nouveau sans plus tarder. Persuadé qu'il devait cette interruption subite de l'invasion d'une maladie à l'intercession de son saint ami, il retourne immédiatement à l'église pour le remercier. Benoît reçoit ses remerciements en faisant son serrement d'épaules, et se contente de le regarder sans mot dire.
    (3) Note : (Georges Zitli était né en 1690, dans la religion musulmane, à Ispahan, capitale de la Perse jusqu'à la chute du dernier des Sophis. Il remplit diverses charges à la cour, et fut, pendant quatorze ans, gouverneur de Maschchat ou de Téhéran, devenue la première ville du royaume, par la résidence du Schah - Nadir, le fameux Thamas-Kouli-Kan, et finalement trésorier de l'Etat jusqu'à la mort de ce souverain, dont il était le favori. En 1746, une contre-révolution ayant éclaté dans le pays, et Thamas-Kouli-Kan ayant été massacré en juin 1747 par son propre neveu, le Ministre fut forcé de s'expatrier, et se retira avec de grandes richesses dans la ville d'Astracan, en Moscovie, où il devait trouver un ample dédommagement à la perte de ses dignités; car deux ans après, il eut le bonheur d'ouvrir les yeux à la vérité, d'abjurer l'islamisme et d'embrasser la foi catholique.)

Année 1783

Mercredi 1er janvier 1783 — Assistance à une mission donnée par l'abbé Marconi à Saint-Louis-des-Français. Préparation du vagabond de Dieu à une mort prochaine.

Lundi 3 février 1783 — Assistance à Notre-Dame de la Consolation à la même occasion. Deuxième irradiation.

    Benoît-Joseph fut favorisé d'une seconde irradiation, dont voici le récit fait par un prêtre respectable comme témoin oculaire: « Un jour, lundi 3 février 1783, j'entrais sous le portique des Saints-Apôtres, en tenant mon parapluie ouvert parce qu'il pleuvait, et je vis près de la grande porte de l'église, Benoît-Joseph tout resplendissant d'une vive lumière qui l'enveloppait de la tête aux pieds, et qui ressemblait fort au feu follet. Stupéfait à cette vue, je m'arrêtai à le considérer, l'espace d'un Ave Maria, et je me disais: voilà un phénomène bien curieux et extraordinaire; qu'est-ce que ce peut être? Et comme je tenais encore mon parapluie étendu et élevé, je pensai que c'était peut-être le reflet qui projetait cette clarté, quoique c'eût été un effet bien disproportionné à la cause. Je ferme aussitôt mon ombrelle, la passe derrière moi, et j'examine le fait avec plus d'attention. Benoît-Joseph était toujours brillant d'une lumière qui scintillait autour de son corps et sortait plus vivement de sa tête. » Le prêtre se rappela en ce moment l'histoire de Saint Philippe de Néri, qui vit Saint Ignace de Loyola tout rayonnant de gloire et le visage tout en flammes. Quelque temps après, l'abbé Marconi entendait ce récit, sur le lieu même, de la bouche du témoin, Antoine Daffini, secrétaire du cardinal Archinto.

Mardi 25 mars 1783 — Autre prophétie au confesseur.

Mardi 1er avril 1783 — 1ère défaillance et les autres jours suivants.

Vendredi 11 avril 1783 — Dernière confession à l'abbé Marconi. 3ème prophétie et 3ème irradiation.

Mercredi 16 avril 1783 — Mort chez Zaccarelli et commencement des acclamations.

Jeudi 17, vendredi 18 et samedi 19 avril 1783 — Exposition du corps dans l'église de Notre-Dame des Monts.

Dimanche (de Pâques) 20 avril 1783 — Acte de sépulture et inhumation dans cette même église.

Mardi 13 mai 1783 — Ouverture du procès en vue de la béatification.

Mardi 3 juin 1783 — Mandement de Mgr l'Evêque de Boulogne, daté du 3 juin « à l’illustre Pénitent ».


Année 1792

Samedi 31 mars 1792 — Procédure d’enquête officielle en vue de la béatification, agréée par le Pape Pie VI; le Serviteur de Dieu fut dès lors proclamé vénérable, et le procès apostolique inauguré.


Année 1796

Reconnaissance du corps de Benoît-Joseph Labre

Vendredi 8 juillet 1796 — Les juges apostoliques, suivant l'usage, ordonnèrent la visite du tombeau et la reconnaissance du corps de Benoît-Joseph Labre. Le 8 juillet 1796, le Cardinal Vicaire Jules-Marie de la Somaglia assista avec tout le tribunal, deux médecins et deux chirurgiens et les ouvriers nécessaires, tous assermentés, dans l'église de Notre-Dame des Monts, où furent entendus trois habitants du couvent sur l'emplacement et l'intégrité du sépulcre. On enlève dans l’ordre la pierre tumulaire, puis on démolit la voûte murée qui la soutenait, on en retire le double cercueil ; on reconnaît sur le second les sceaux du vicariat, on l'ouvre et l'on en extrait le corps de Benoît-Joseph Labre, après avoir formulé l'excommunication contre quiconque en détacherait la moindre parcelle. Les experts examinent le corps, en font la description, avant de replacer les ossements sur un nouveau suaire et plaçant le tout dans un nouveau cercueil de cyprès, avec un tube renfermant l'acte de reconnaissance sur parchemin. Les scellés y sont apposés de nouveau et on la renferme dans une plus grande, avec deux autres cassettes également scellées contenant, l'une, les restes de la chair consumée et l'autre, ceux des vêtements réduits presque en poussière, moins la ceinture. Ces caisses, ainsi déposées, sont replacées dans la même fosse, qui est à nouveau recouverte d'une nouvelle voûte et de la même pierre sépulcrale. Les débris des premières caisses sont ensuite consignés au Postulateur, avec défense de distribuer, sous aucun prétexte, même de dévotion, ces parcelles de débris.

Lundi 11 juillet 1796 — Lecture du procès-verbal d'enquête des experts apostoliques de la reconnaissance du corps de Benoît-Joseph Labre. A la séance du 11 juillet, ils constataient uniformément que toutes les parties molles du corps avaient disparu, que les os mineurs étaient réduits en poussière, mais que les os majeurs et surtout la boîte cérébrale étaient restés consistants, et qu'enfin malgré cet état de dissolution avancée, les restes du cadavre ne donnaient aucune odeur ni bonne ni mauvaise.


Année 1842

Dimanche 22 mai 1842 — Proclamation de l'Héroïcité des vertus de Benoît-Joseph Labre.

    Grégoire XVI déclara, le 22 mai 1842, que Benoît-joseph Labre a porté les vertus au degré héroïque.

Année 1859

Jeudi 2 juin 1859 — le Souverain Pontife Pie IX, a déclaré solennellement la béatification prochaine du Vagabond de Dieu.


Année 1860

Dimanche 20 mai 1860 — Béatification de Benoît-Joseph Labre par le Pape Pie IX.

    Le dimanche, c’est pendant l'Octave de l'Ascension que la cérémonie de béatification eut lieu dans la basilique Saint-Pierre de Rome. Le personnel de l'ambassade française, le général comte de Goyon et son état-major, Mgr Parisis, évêque d'Arras et de Boulogne, représentaient le diocèse où est né le Bienheureux; le curé d'Amettes priait au nom de la paroisse où il a vu le jour. Ses reliques seront transférées à l'église de la Madonna Dei Monti, là où pendant sa vie, il aimait tant à prier.

Année 1873

Jeudi 9 février 1873 — À cette date eut lieu la cérémonie vaticane au cours de laquelle, à la demande du Pape Pie IX, Mgr Dominique Bartolini, secrétaire de la congrégation des Rites, fit lecture du décret annonçant l'éventuelle canonisation du bienheureux Benoît Labre. Le Père D. François Virili, de la congrégation du Très-Précieux-Sang et postulateur de la cause du futur saint, remercia le Saint-Père. L'évêque d'Arras a également adressé un discours au Saint-Père. À cette cérémonie étaient présents, entre autres, l'ambassadeur de France, ainsi que les évêques de Nîmes, de Montauban, de Carcassonne et de Luçon.


Année 1881

Jeudi 8 décembre 1881 — Canonisation de Benoît-Joseph Labre à Rome.


Année 1882

Dimanche 22 janvier 1882 — Mgr Mermillod, évêque d'Hébron, a consacré en l'église de Notre-Dame du Sacré-Coeur de Jésus, de la place Navone, le premier autel élevé dans la ville de Rome à Saint Benoît-Joseph Labre.

Lundi 3 juillet 1882 — L'année qui suivit la canonisation de Benoît-Joseph Labre, l'Église de France a souligné l’événement par un pèlerinage national au village natal, à Amettes, lundi 3 juillet 1882. Aussi invraisemblable que cela puisse être, 35 000 pèlerins, se sont rassemblés pour la messe en plein air, célébrée dans la « pâture » de la maison natale par l'évêque de Beauvais, Noyons et Senlis, ainsi que Monseigneur Désiré-Joseph Dennel. C’est dans cette même pâture que fut érigé et inauguré, le même jour, le chemin de croix d’Amettes, œuvre du sculpteur Auguste Pattein, originaire d’Hazebrouck, et financé par des dons offerts au sanctuaire d’Amettes ; acte généreux de paroissiens, de paroissiennes, d’évêques et de prêtres au Saint pauvre de Jésus-Christ.


Année 1883

Samedi 22 décembre 1883 — Acquisition par la postulation de la cause de Saint Benoît-Joseph Labre de l'immeuble, où le boucher Zaccarelli avait son logement. Ce fut l'occasion non seulement de réparations mais aussi d'aménagement des lieux pour y recevoir les pèlerins. Ce lieu où décéda le Saint Pèlerin est maintenant devenu la chapelle Saint-Benoît Labre (Cappella di S. Benedetto Giuseppe Labre), au 2, Via dei Serpenti.

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